Le mardi 3 novembre 2026, le Handi-Pacte Nouvelle-Aquitaine a réuni 15 participants lors d’une classe virtuelle consacrée à l’accompagnement des situations de handicap psychique. Destinée aux employeurs publics des trois versants de la Fonction publique et à leurs partenaires, cette demi-journée proposait des repères concrets pour agir, des premiers signaux jusqu’au maintien dans l’emploi.
Une mise en situation pour croiser les regards
La rencontre s’est appuyée sur une étude de cas fil rouge : le parcours de Camille, suivi sur neuf mois. En sous-groupes, les participants ont successivement adopté le point de vue de la manageuse, du référent handicap ou des ressources humaines, puis de Camille. Cette approche a permis d’explorer les responsabilités de chacun, mais aussi les inquiétudes et les besoins de la personne accompagnée. Des restitutions en plénière et des apports pratiques ont complété les échanges.
Un principe a guidé les travaux : l’employeur n’a pas à connaître le diagnostic médical pour agir. Son intervention doit partir des faits observés au travail, dans le respect du secret médical et sans formuler d’hypothèses sur la santé de l’agent.
Repérer les difficultés et ouvrir le dialogue
Retards, erreurs, isolement ou tensions en réunion : le premier épisode du cas pratique invitait à réfléchir à la manière d’aborder un changement de comportement. Les groupes ont privilégié un échange informel, fondé sur des observations concrètes et une écoute sans jugement, plutôt qu’une démarche vécue comme une convocation ou une sanction.
Les échanges ont également précisé la complémentarité des rôles : le manager ouvre le dialogue sur le travail, le référent handicap intervient en appui et le médecin du travail constitue un interlocuteur vers lequel orienter l’agent.
Préparer le retour sans oublier le collectif
La deuxième étape portait sur le retour de Camille après cinq mois d’arrêt, dans un contexte de tensions au sein d’une équipe ayant absorbé sa charge de travail. Les participants ont souligné l’importance de maintenir un lien consenti pendant l’absence, de mobiliser le service social du travail et d’informer l’agent de la possibilité d’une visite de pré-reprise pour anticiper les aménagements.
La préparation du retour concerne aussi le collectif : les échanges avec l’équipe doivent porter sur l’organisation, la répartition des missions et les conditions de reprise, sans divulguer d’informations sur la santé de la personne.
Construire un accompagnement dans la durée
Le dernier épisode mettait en scène les difficultés de Camille, de retour à temps partiel thérapeutique, face à un changement de logiciel et à son refus d’engager une démarche de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). Plusieurs pistes ont émergé : mobiliser une cellule pluridisciplinaire de maintien dans l’emploi en lien avec Cap emploi, adapter l’organisation, accompagner le collectif et mettre en place un suivi attentif, sans instaurer une logique de contrôle. Les apports ont également abordé la prévention de la rechute et les aides du FIPHFP.
Cette dernière séquence a rappelé que la RQTH est un outil et non une étiquette, et que des leviers d’accompagnement existent même en son absence. Au cœur de la démarche, une conviction partagée : la réponse doit être collective, en associant l’agent et les acteurs compétents à chaque étape de son parcours.