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La Réunion - COMEP 2026 : Quand le théâtre aide les employeurs publics à mieux intégrer les apprentis en situation de handicap

Le Handi-Pacte du FIPHFP à La Réunion-Mayotte a organisé, jeudi 1er octobre, dans l'Hémicycle du Conseil départemental, son Comité des Employeurs Publics (COMEP). Placée sous le thème de l'apprentissage des personnes en situation de handicap, cette matinée a proposé un format innovant : du théâtre pédagogique avec comme support une émission de radio « Nou Lé Kapab ».

35 participants : DRH, référents handicap, tuteurs, maîtres d'apprentissage et élus des trois versants de la Fonction publique (État, Territoriale et Hospitalière) ont répondu présents. Au fil de cinq pauses pédagogiques, ils ont suivi le parcours fictif de Tom, apprenti multidys, et sa référente handicap, Anne Duval, tous deux incarnés par des comédiens et dirigés par une animatrice radio chevronnée Cendrine Molina, membre de l’équipe Handi-Pacte La Réunion Mayotte.

Un cadre posé par les chiffres et le grand témoin

La Vice-présidente du Conseil départemental a ouvert la matinée en rappelant l'engagement de la collectivité, dont le taux de bénéficiaires de l'obligation d'emploi atteint 8,49 %, contre 1,94 % en 2011. Au 31 mai 2026, 49 des 261 contrats d'apprentissage recensés à La Réunion dans les trois versants concernaient des personnes en situation de handicap, soit environ un sur cinq.

Le FIPHFP, par la voix d’Isabelle Chavot, DTH par intérim, a souligné que l'apprentissage est un formidable levier pour monter en compétences, faciliter l'entrée de jeunes dans la fonction publique et en « comprendre ses codes ». Le FIPHFP est très facilitant, il finance 80 % de la rémunération chargée, ainsi que les coûts de formation non pris en charge par le CNFPT ou l'ANFH.

Le parcours de Tom : des experts pour chaque étape

Chaque pause pédagogique a posé une difficulté concrète : un poste inadapté aux espaces verts, la spécificité des troubles TND « dys », la problématique du transport vers le CFA, l’incompréhension des collègues face aux difficultés de Tom , l’absence de référent handicap du CFA pour accompagner de parcours. La salle proposait ses solutions, puis les experts les complétaient.

Claude Dupont, responsable du service handicap au Centre de Gestion (CDG), a insisté sur l'anticipation : fiche de poste précise, échange sur les limitations au regard du poste et immersion (PMSMP) avant la signature. Environ 85 % des mesures de compensation sont organisationnelles et ne coûtent rien.

Élisabeth Avril-Hobaya, référente handicap au CDG, a détaillé les leviers face à un obstacle de transport : solutions internes, transports de l'intercommunalité, PCH de la MDPH et catalogue du FIPHFP. La formation faisant partie intégrante du contrat, c'est un argument décisif auprès du médecin du travail.

Julie Saint-André, de Cap Emploi, a plaidé pour la réunion pluridisciplinaire et expliqué comment identifier le référent de parcours. Julie Arginthe, de la Ressource Handicap Formation (RHF), a rappelé que le contrat est tripartite et que le CFA doit avoir un référent handicap. La majoration de 4000 euros par année de formation, mobilisable via le CNFPT, peut financer des aménagements, le FIPHFP prenant le relais si nécessaire.

Les messages clés de la matinée

  • L'apprenti au cœur du dispositif : chaque situation est unique et il doit être associé aux décisions.
  • L'anticipation : intégrer l'apprentissage dès la DOETH pour budgéter, recenser les besoins et recruter avant l'été.
  • La coordination : réunir employeur, CFA, Cap Emploi, médecin et référent de parcours, en mobilisant d'abord le droit commun, puis le FIPHFP.
  • Le collectif de travail : former les tuteurs et sensibiliser les équipes aux handicaps invisibles.
  • La durée : un contrat peut aller jusqu'à 4 ans, sans limite d'âge, avec des horaires de formation étalés si besoin.

Des témoignages de terrain riches qui donnent envie

Une apprentie en master RH à la Région Réunion a décrit une intégration facilitée par un employeur qui s'était interrogé en amont sur le poste. Une autre a fait état de la temporalité du financement et de l’attribution des aides liées à sa déficience visuelle et à sa dyslexie. A la Mairie Saint-Denis, la référente handicap a témoigné de la mise en place de la formation d’une vingtaine d’heures spécialement créée pour les tuteurs.

La matinée s'est achevée sur d’autres « pépites ». Un étudiant porteur de déficience visuelle de l’Université de la Réunion, a réussi le double pari de l’apprentissage : assurer le poste de gestionnaire d’un laboratoire et obtenir le 3ᵉ concours des IRA, le propulsant sur un parcours d’encadrement dans la Fonction publique. Un apprenti développeur informatique de la CIREST qui a pérennisé son emploi, poursuit son master 2, il a convaincu son maître d'apprentissage de recruter un nouvel apprenti en situation de handicap.

Le regard du grand témoin

Isabelle Chavot a salué l'énergie du territoire et insisté sur la sécurisation des parcours: l'apprentissage reste ouvert tout au long de la vie, y compris pour des agents plus âgés en reconversion, avec un encadrement sensibilisé en amont. 

Cette matinée a confirmé que l'inclusion ne se fait pas au hasard : elle demande du temps, de la planification et la mobilisation de toutes les ressources. 

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