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Bretagne / Pays de la Loire - Retour sur deux demi-journées consacrées au maintien dans l’emploi et à la sécurisation des trajectoires professionnelles

Dans la continuité des Trophées Emploi Public et Handicap organisés l’année dernière en Bretagne et dans les Pays de la Loire, le Handi-Pacte Bretagne et le Handi-Pacte Pays de la Loire ont proposé deux demi-journées consacrées au maintien dans l’emploi et à la sécurisation des trajectoires professionnelles.

Les rencontres se sont déroulées le 10 septembre à Vannes, puis le 17 septembre à Angers. Elles constituaient le quatrième et dernier atelier d’un cycle visant à prolonger la dynamique engagée autour des Trophées du FIPHFP.

Des problématiques partagées

Les participants ont d’abord été invités à faire émerger les difficultés rencontrées dans leurs pratiques.

À Vannes, les échanges ont notamment fait ressortir :

  • des budgets de formation insuffisants, alors que la formation en amont d’une période de préparation au reclassement pourrait prévenir la désinsertion professionnelle,
  • l’absence, dans la fonction publique, d’un dispositif équivalent à la RLH,
  • l’impossibilité de commencer une formation pendant un arrêt et des horaires de formation parfois peu adaptés,
  • l’augmentation des situations de maintien et de mobilité subie,
  • la difficulté à trouver des lieux d’immersion,
  • l’usure professionnelle et les reclassements qui en découlent,
  • les enjeux liés au maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap psychique, notamment en cas de troubles bipolaires,
  • l’attachement des agents à leur statut, à leur métier et à leur collectivité, pouvant freiner la mobilité et la reconversion,
  • les limites du cadre de la PPR pour les agents qui souhaitent construire un projet professionnel dans le secteur privé,
  • la nécessité de relancer la dynamique du réseau de l’État en Bretagne.

À Angers, les employeurs ont fait émerger des problématiques proches : des reclassements de plus en plus difficiles, des postes disponibles rares, une mobilisation parfois trop tardive et une détection insuffisante des signaux faibles.

Les participants ont également évoqué le manque de sensibilisation des managers de proximité, les difficultés d’intégration lorsque les équipes ne sont pas associées en amont, ainsi qu’un recul de la bienveillance collective et une montée des tensions.

Le vieillissement des effectifs et l’augmentation des polypathologies ont également été soulignés, dans un contexte où la proportion d’agents en situation de handicap progresse continuellement. À la Ville d’Angers, elle atteint environ 14%, contre 10 à 11% quelques années auparavant.

Des retours d’expérience issus des Trophées

Les employeurs publics des deux régions ont ensuite pu échanger avec les lauréats de la catégorie Communication et sensibilisation des Trophées des 20 ans du FIPHFP.

En Bretagne, Mégane Guellec, ergonome et psychologue du travail au CDG 22, a présenté un partenariat engagé entre le CDG 22 et le FIPHFP depuis 2008. Cette collaboration a donné naissance à trois conventions de mobilité : « Rebondir » en 2016, « Tremplin » en 2022 et « Passerelle » en 2023.

Ces dispositifs permettent de sécuriser les parcours d’agents rencontrant des difficultés de santé sur leur poste, grâce à une mise à disposition temporaire tripartite dans une autre collectivité. Une trentaine de conventions ont été mobilisées depuis 2022, avec des résultats positifs en matière de formation, de mutation et de reclassement.

Des points de vigilance demeurent toutefois, notamment concernant la couverture du risque accident et l’articulation avec le décret n° 2026-705 relatif à la formation pendant un congé maladie.

Dans les Pays de la Loire, Ronan Carmoy, conseiller en insertion et transition professionnelle pour raison de santé à la Ville d’Angers, a également partagé son expérience.

Ces deux interventions ont permis d’aborder le contexte de création des projets, les constats initiaux, les difficultés rencontrées, les actions mises en place pour les structurer et les perspectives de capitalisation et de reconduction envisagées à l’horizon 2027.

Anticiper plutôt que réparer

La dernière partie des rencontres a été consacrée au partage des besoins et des ressources, afin de construire un réseau d’entraide et de mutualisation.

Les échanges ont fait émerger une logique commune aux deux territoires : anticiper plutôt que réparer et s’appuyer sur les ressources existantes plutôt que créer de nouveaux dispositifs.

En Bretagne, plusieurs pistes ont été identifiées :

  • mettre en place une auxiliaire de vie professionnelle pour les agents qui ne peuvent pas réaliser l’ensemble de leurs missions en raison de restrictions médicales,
  • proposer une immersion pendant un arrêt, dispositif déjà possible pour les collectivités assurées par le CDG,
  • suivre les évolutions réglementaires susceptibles de permettre le début d’une formation pendant un arrêt,
  • construire des partenariats entre structures pour trouver des lieux d’immersion et mutualiser les moyens,
  • développer les alliances avec Cap emploi pour les situations complexes, avec une orientation vers le conseil en évolution professionnelle,
  • explorer les marges de manœuvre de la PPR, en laissant à l’agent la responsabilité de son projet vers le secteur privé,
  • sensibiliser au handicap invisible, notamment à travers un atelier avec LADAPT envisagé dans le cadre de la SEEPH.

Dans les Pays de la Loire, quatre axes de travail ont été retenus :

  • développer un réseau de relais de proximité formés à la détection des signaux faibles, en s’appuyant sur les réseaux existants, comme les assistants de prévention ou les tuteurs d’accueil,
  • objectiver le dispositif de PPR et anticiper le plus en amont possible afin de limiter l’usure et l’anxiété des agents concernés,
  • intégrer la sensibilisation au handicap dans les parcours managériaux existants, plutôt que de la limiter à une formation spécifique,
  • sensibiliser aux mécanismes généraux, comme les troubles cognitifs, la fatigabilité ou la vulnérabilité au stress, sans attendre une situation individuelle afin d’éviter la stigmatisation.

Ces deux rencontres ont confirmé l’importance du partage de pratiques pour renforcer les politiques de maintien dans l’emploi et sécuriser les trajectoires professionnelles.

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