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Bourgogne Franche-Comté - Troubles du neurodéveloppement : une journée régionale pour comprendre, agir et transformer le service public

Près de 80 référents handicap issus des trois versants de la Fonction publique de Bourgogne–Franche-Comté ont participé, mardi 25 novembre, à Dijon, à une journée inédite consacrée aux troubles du neurodéveloppement (TND). 

Vue de l'amphithéâtre lors de la journée du 25 novembre

Une mobilisation justifiée car  révélatrice d’un enjeu de plus en plus stratégique pour les employeurs publics : mieux reconnaître les singularités des agents , pour des troubles encore trop souvent repérés tardivement, au cours de la vie active, et bâtir des environnements de travail réellement inclusifs.

Un message politique clair : l’inclusion comme performance

Ouverte par Christophe Guillet, directeur de la Plateforme régionale d’appui interministérielle (PFRH), et Fabrice Geurts, directeur territorial handicap du FIPHFP, la journée a posé d’emblée le cadre. Face aux difficultés de recrutement, à la montée des attentes des agents et au vieillissement des effectifs, les employeurs doivent devenir « exemplaires et inclusifs ».


Les TND – autisme, troubles Dys, TDAH, troubles du développement intellectuel – touchent 5 à 10 % de la population, donc autant d’agents publics. « Mieux comprendre ces profils, c’est mieux accompagner les talents », a rappelé Christophe Guillet, directeur de la PFRH.

En appui, une intervention vidéo d’Étienne Pot, délégué interministériel à la stratégie nationale TND, a détaillé les avancées en matière de diagnostic, de guidance parentale, de ressources TDAH et d’insertion professionnelle.

Fabrice Geurts, directeur territorial handicap du FIPHFP en Bourgogne Franche-Comté
Fabrice Geurts, directeur territorial handicap du FIPHFP en Bourgogne Franche-Comté
Christophe Guillet, directeur de la Plateforme régionale d’appui interministérielle (PFRH)
Christophe Guillet, directeur de la Plateforme régionale d’appui interministérielle (PFRH)

Vivre les difficultés pour mieux comprendre

L’un des temps forts de la matinée : des ateliers immersifs permettant aux participants de ressentir – littéralement – les difficultés rencontrées par les personnes concernées.

Lecture ralentie, surcharge cognitive, incompréhension des émotions, perte du fil d’une consigne, troubles de la coordination, hyper ou hyposensibilité sensorielle…
Trois parcours, animés par Pluradys et le Centre Hors Normes, ont mis en lumière la fatigue, les efforts invisibles et parfois l’isolement que vivent nombre d’agents.

« Quand on le vit, on comprend différemment », a souligné Sophie Saltarelli, directrice de Pluradys, lors d’un débriefing très applaudi.

Un éclairage scientifique essentiel

Le professeur Eloi Magnin, neurologue au sein du CHU de Besançon, a ensuite posé les jalons médicaux et scientifiques : diversité des TND, diagnostic souvent tardif à l’âge adulte, nécessité d’une approche bio-psycho-sociale, rôle clé du travail comme facteur d’équilibre lorsque l’environnement est adapté.

Il a rappelé que deux tiers des adultes concernés ne sont pas diagnostiqués, et que les errances de parcours restent fréquentes. D’où l’importance de structurer des filières régionales comme CAP’TND.

Atelier immersif à l'occasion de la journée du 25 novembre à Dijon

Du diagnostic aux solutions concrètes pour l’emploi

L’après-midi a été consacrée aux dispositifs opérationnels :

  • présentation de la filière CAP’TND et des outils d’accompagnement,
  • aides du FIPHFP (évaluations, adaptations, accompagnement sur site, soutien psychologique),
  • témoignage inspirant d’une jeune professionnelle “atypique”, confrontée aux difficultés d’un handicap invisible et aux bénéfices majeurs du diagnostic, ayant réussi à réaliser sa vocation professionnelle en milieu hospitalier.
  • un retour d’expérience inspirant du Conseil départemental de la Nièvre.

Ce dernier, engagé dans sa quatrième convention avec le FIPHFP, affiche un taux d’emploi proche de 10 % et une véritable culture interne du handicap. Grâce à une montée en compétences progressive, le Département traite aujourd’hui des situations autrefois jugées « impossibles ». Résultat : baisse de l’absentéisme, meilleure ambiance de travail et agents plus sereins.

Pour accompagner les employeurs dans le traitement de ces situations, que les personnes soient ou non bénéficiaires de l'obligation d'emploi (en ayant engagé une démarche de reconnaissance) , le bon réflexe employeur est de mobiliser Cap Emploi, acteur généraliste du handicap en emploi, qui mobilise si besoin de nombreux autres dispositifs spécifiques, comme les Appuis Spécifiques (cofinancés par le FIPHFP et l’Agefiph) présenté par l'ADNA.

Une dynamique régionale bien installée

À l’issue de cette journée dense et unanimement saluée, un message se dégage :
 comprendre les TND n’est plus une option, mais une nécessité pour un service public performant, humain et attractif.

De l’immersion aux éclairages scientifiques, des témoignages aux outils de terrain, les leviers d’action sont désormais plus accessibles. La Bourgogne–Franche-Comté confirme son rôle moteur dans la construction d’une Fonction publique où la diversité neurodéveloppementale n’est plus un obstacle, mais une richesse.

L’évènement a permis de rappeler à l’assistance le Tour de France des 20 ans du FIPHFP, et les trophées Emploi Public et Handicap  (qui se déroulera le 30 avril 2026 en Bourgogne Franche-Comté).

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