Le 18 décembre 2025, la direction territoriale Grand Est du FIPHFP organisait une nouvelle édition de son E-club des employeurs conventionnés. Ce rendez-vous, devenu incontournable, a réuni 22 employeurs publics engagés dans une démarche structurée pour l’emploi des personnes en situation de handicap. À quelques jours des fêtes, cette session en visioconférence a permis de dresser un bilan des pratiques, de partager des difficultés, mais aussi d’échanger sur les évolutions à venir.
Animée par Stéphane Gainaux, en présence de Philippe Crenner, directeur territorial handicap Grand Est du FIPHFP, et de Catherine Becker, gestionnaire de conventions, la rencontre a offert un temps d’écoute et de co-construction apprécié de tous les participants.
Une gestion des conventions toujours mieux maîtrisée
L’un des temps forts de l’E-club a été le retour d’expérience détaillé de Catherine Becker sur l’utilisation de la plateforme PEPS, l’outil national de gestion des conventions. Après une année 2024 marquée par une montée en charge complexe et rapide, la majorité des employeurs a désormais pris ses marques avec l’outil. Catherine Becker a salué leur autonomie croissante dans la saisie des dépenses, du bilan annuel et du projet de reconventionnement.
Cependant, certaines erreurs récurrentes ont été signalées, notamment sur l’affectation des aides aux mauvais axes ou sur une mauvaise sélection de l’intitulé des aides, ce qui peut générer des écarts importants dans le financement obtenu. Elle a rappelé l’importance de rester vigilant, d'utiliser la zone "référence interne employeur" pour justifier certaines dépenses, et de ne pas hésiter à solliciter un appui si besoin. L’ajout d’un simple commentaire peut faire gagner un temps précieux d’instruction.
Apprentissage : entre ambitions et réalités de terrain
L’axe 1 de la convention, dédié au recrutement, a donné lieu à des échanges nourris, notamment autour de l’apprentissage. Si certains employeurs atteignent voire dépassent leurs objectifs, d'autres peinent encore à recruter des apprentis en situation de handicap. Plusieurs freins ont été évoqués : difficultés de sourcing, manque de candidatures, réticences de certains services à accueillir des apprentis ou encore handicaps non déclarés au moment du recrutement.
Des témoignages ont néanmoins mis en lumière des pratiques inspirantes. À Metz, la sensibilisation ciblée des tuteurs aux types de handicaps les plus rencontrés (troubles cognitifs, handicaps sensoriels) a permis de renforcer la qualité de l’accueil.
Philippe Crenner a rappelé l’intérêt du dispositif HandiMatch, porté par France Travail, pour mieux connecter les employeurs publics engagés et les candidats en situation de handicap. Plusieurs employeurs du Grand Est sont en cours de démarche pour être labellisés, avec l’espoir d’améliorer le sourcing de profils adaptés.
Le maintien dans l’emploi : des pistes à renforcer
Si le maintien dans l’emploi reste l’axe le mieux maîtrisé par les employeurs conventionnés, certaines situations complexes appellent encore à être mieux accompagnées. Une question posée par l’Université de Strasbourg a particulièrement retenu l’attention : comment compenser la fatigabilité importante d’une enseignante pour la correction des copies, tâche centrale de sa mission ? Faute de solutions immédiates, plusieurs pistes ont été évoquées, notamment la mobilisation de l’appui spécifique pour identifier des outils ou organisations de travail adaptées.
L’évolution des conventions à partir de 2026
Catherine Becker a également présenté les grandes évolutions qui entreront en vigueur pour les conventions signées à partir de 2026. La durée passera systématiquement à quatre ans (contre trois auparavant), et une fongibilité entre les axes sera désormais possible en cours de convention, sur simple justification lors des bilans annuels. Ce changement vise à donner plus de souplesse aux employeurs dans la mise en œuvre de leur plan d’action.
Autres nouveautés notables : l’axe 7 deviendra "action spécifique", le rapport narratif pourra être remplacé par le compte-rendu du comité de pilotage, et un forfait de 10 000 € sera alloué aux employeurs primo-conventionnés pour couvrir les frais liés au diagnostic et à la préparation du plan d’action. Enfin, le plafond de l’axe "sensibilisation/communication" sera uniformisé à 5 % du budget total, une avancée saluée par les participants.
Des échanges concrets, ancrés dans les réalités de terrain
Au-delà des apports techniques, ce E-club a permis des échanges sincères entre employeurs, révélant les réalités du quotidien : surcharge liée à la saisie dans PEPS, complexité de certains parcours d’apprentis, besoin de partager des outils de sensibilisation ou de former les encadrants. Ces discussions renforcent les dynamiques de réseau et rappellent que chaque employeur peut être à la fois porteur de difficultés et de solutions.
Une dynamique partenariale toujours au cœur de l’action du FIPHFP
En conclusion, Philippe Crenner a insisté sur l’importance de maintenir ce rendez-vous annuel, précieux pour mesurer les avancées comme les points de vigilance. Le FIPHFP, via sa direction territoriale et ses référents, reste pleinement mobilisé pour accompagner les employeurs dans la mise en œuvre de leur politique handicap, avec des réponses individualisées et adaptées aux enjeux de chacun.
Avec ces échanges riches et un regard tourné vers les évolutions à venir, l’E-club 2025 confirme sa place centrale dans l’accompagnement des employeurs conventionnés. Un rendez-vous d’autant plus stratégique que 2026 marquera l’entrée dans un nouveau cadre de conventionnement, plus souple, plus lisible… et toujours au service d’une Fonction publique plus inclusive.




