Le 17 septembre, dans le cadre du Handi-Pacte Grand Est, 24 employeurs publics conventionnés avec le FIPHFP ont participé à un e-club consacré au partage d’expériences et à la recherche de solutions opérationnelles. Autour de Philippe Crenner, directeur territorial au handicap du FIPHFP en Grand Est, les participants ont travaillé sur deux thématiques choisies collectivement : le pilotage de la convention et la mobilisation des acteurs internes, puis l’outillage des managers.
Une démarche participative
Une convention avec le FIPHFP fixe des objectifs, des moyens et un cadre d’action. Son principal enjeu est ensuite de la faire vivre dans la durée : maintenir l’implication des décideurs, mobiliser les différents services, suivre les réalisations et éviter que la politique handicap repose sur le seul référent handicap.
Pour répondre à ces enjeux, l’e-club a adopté une formule largement participative. Les employeurs ont sélectionné les sous-thématiques qu’ils souhaitaient approfondir, avant de confronter leurs constats, leurs difficultés et les pratiques déjà expérimentées dans leurs structures.
Mieux mobiliser les acteurs internes
Parmi les différents enjeux de pilotage proposés, les participants ont choisi de travailler prioritairement sur la mobilisation et la coordination des acteurs internes.
Une première difficulté concerne le maintien de la mobilisation dans le temps. Même lorsque les services connaissent la convention lors de son lancement, ses objectifs et les moyens associés peuvent progressivement être perdus de vue. Pour éviter cet essoufflement, les échanges ont montré l’intérêt de créer des relais clairement identifiés au sein des services directement impliqués.
Au CHRU de Nancy, par exemple, la désignation d’interlocuteurs privilégiés dans les services des achats et des marchés publics, associée à des échanges réguliers, a permis de mieux comprendre les contraintes respectives et de fluidifier les commandes nécessaires aux aménagements de postes.
Faciliter l’appropriation des dispositifs
Les participants ont également identifié une difficulté concernant l’appropriation des dispositifs mobilisables par les services de santé au travail. Les médecins du travail, parfois extérieurs à l’organisation ou connaissant peu les dispositifs du FIPHFP, ne disposent pas toujours de tous les repères nécessaires.
Plusieurs réponses ont été partagées :
- organiser des rencontres entre médecins et prestataires d’appuis spécifiques,
- s’appuyer sur les infirmiers ou les secrétaires médicaux, qui connaissent parfois mieux les dispositifs,
- passer par Cap emploi pour prescrire un appui spécifique lorsque cela apporte une plus-value.
Un autre frein, d’ordre technique, a été signalé concernant la plateforme numérique permettant de mobiliser les appuis spécifiques. Plusieurs référents handicap ont évoqué des menus inaccessibles, des pages figées ou l’impossibilité de poursuivre une saisie.
Les échanges ont fait ressortir que ces difficultés pouvaient être liées aux protections informatiques installées sur les postes professionnels. La plateforme a toutefois été jugée plutôt intuitive lorsqu’elle fonctionne normalement. Une solution concrète a donc été partagée : effectuer la saisie depuis un ordinateur personnel, qui n’est pas soumis aux mêmes restrictions informatiques que les postes professionnels.
Des outils pour répondre aux besoins des agents
La plateforme de prêt de matériel a également été identifiée comme une solution pertinente pour les agents présentant des troubles DYS et amenés à suivre une formation.
Cette plateforme propose une analyse des besoins, l’identification de solutions de compensation ainsi que des explications sur l’utilisation du matériel prêté.
Les représentants du personnel ont enfin été identifiés comme des partenaires à associer davantage. Leur participation aux comités de pilotage, à la construction de la convention ou aux ateliers de sensibilisation peut faciliter l’orientation des agents et le dialogue autour des situations individuelles.
Outiller les managers
Le deuxième grand thème de l’e-club portait sur la mobilisation et l’outillage des managers. Parmi les sujets proposés, les employeurs ont choisi de travailler en priorité sur la gestion des impacts des compensations sur le collectif de travail.
La difficulté identifiée tient à la recherche d’un équilibre. Une restriction de tâches, une réduction du temps de travail ou une adaptation importante du poste peuvent répondre aux besoins d’un agent, mais aussi modifier la répartition du travail entre collègues.
Lorsque l’impact sur l’équipe devient trop important, le manager peut se retrouver en difficulté pour concilier les besoins individuels et le fonctionnement du service. C’est dans ce type de situation que la question de l’aménagement raisonnable peut se poser.
Associer le manager à la recherche de solutions
Face à ces situations, plusieurs employeurs ont partagé une même approche : associer le manager à la réflexion sur les solutions de compensation.
Des réunions réunissant l’agent, son encadrant, le médecin du travail et un membre de l’équipe pluridisciplinaire permettent de confronter les perceptions, de clarifier les restrictions et de rechercher une organisation adaptée.
Ces échanges illustrent l’intérêt de l’«effet réseau» souligné en conclusion par Philippe Crenner : les difficultés rencontrées par un employeur ont souvent déjà été travaillées par un autre.
En mettant ces expériences en commun, le e-club permet aux employeurs conventionnés de repartir avec des pistes directement mobilisables dans leurs pratiques quotidiennes.