LE FIPHFP en actions
6%
6%, chiffre fatidique que tentent d’atteindre depuis des années les employeurs de ce pays, objectif que je voudrais pour ma part simplement réaliste et qui, entre nous, une fois atteint signera la fin du FIPHFP avec qui vous avez signé cette convention que nous officialisons en quelque sorte aujourd’hui.
6% que vous atteignez presque, 5,09 je crois et auxquels vous parviendrez selon toute vraisemblance à l’issue de cette convention.
6% sur lesquels dès lors je ne m’attarderai pas car l’insertion des personnes handicapées dans le monde du travail et plus précisément dans la fonction publique qui comme l’indique la promesse de notre logo se doit d’être exemplaire, n’est pas seulement une question de quota.
Quota au demeurant fixé dès 1987 c’est vous dire…
L’insertion des personnes handicapées c’est en effet bien au delà des textes une affaire de contexte, de mentalité, de comportement.
Vous pouvez légiférer, décréter, conventionner, tant que l’autre dès lors qu’il est handicapé sera perçu comme moins productif, plus coûteux voire source de désagrément les résultats seront décevants.
Il est d’ailleurs frappant de constater que dans la patrie des droits de l’homme, dans une société qui se veut évoluée et qui en a économiquement les moyens, nonobstant la crise, le leitmotiv en matière de handicap et d’emploi c’est la sensibilisation.
Je ne suis pas là pour vous sensibiliser mais pour me réjouir qu’au travers de notre convention soit engagée, en fait poursuivie parce que vous n’avez pas attendu le FIPHFP pour agir et je tenais à le souligner, soit mise en œuvre donc une politique volontariste de prise en compte du handicap avec des actions concrètes et des objectifs précis.
C’est très clairement le genre d’engagement que le fonds est par vocation appelé à cautionner et à financer bien sûr et ce dans trois directions
- le recrutement
- l’insertion proprement dite avec mise à disposition des aides techniques ou humaine pour permettre à la personne handicapée d’effectuer un travail effectif et à son employeur d’en obtenir une plus value réelle.
- Le maintien de l’emploi pour que disparaisse enfin du paysage le réflexe trop commode de la mise à la retraite pour invalidité faute d’avoir pu, voulu ou su procéder au reclassement nécessaire
Autant d’actions qui nécessitent la mobilisation de tous car même si il faut parfois recourir à des expertises spécifiques, l’emploi de personnes handicapées, n’est pas, ne doit pas être une affaire de spécialistes mais celle de tous, condition sine qua non de la banalisation sans laquelle nous resterons dans le domaine de la stigmatisation, de l’étiquette pour ne pas dire de la discrimination.
Cette banalisation, qui est avec l’accessibilité dans son acception la plus large la clé d’une véritable politique d’insertion des personnes handicapées.
Une fois la société rendue accessible, pas seulement le poste de travail, et accessible dès l’école,
Une fois entrée dans les crânes, j’allais dire ancrée, la conviction que l’emploi d’une personne handicapée c’est du domaine des RH, de l’emploi en quelque sorte ordinaire,
Une fois je le répète à dessein banalisé le handicap y compris dans le regard qu’on lui porte, les pourcentages suivront, voire même soyons fous, les quotas seront dépassés.
Vous avez remarqué, j’ai dit ressources humaines pas secteur médicosocial même si cette tendance d’associer handicap et maladie s’estompe quelque peu de nos jours.
Ressources humaines et pas non plus diversité car au travers des 18 critères de discrimination recensés par la Halde, dont le handicap, c’est une nouvelle stigmatisation qui risque de se faire jour.
Ne le répétez pas mais tel que vous me voyez je suis un senior blanc handicapé (et je vous fais grâce des 14 autres motifs).
Ressources humaines donc et que chacun respecte les valeurs qui sont celles de la République, qui plus est dans la fonction publique, et la diversité deviendra source de richesse pour notre société plutôt que motif d’obtention d’un label.
Un dernier point que je voudrais évoquer avec vous, quitte là encore à tenir des propos iconoclastes, employer des personnes handicapées cela commence par offrir des postes à des candidats qui doivent présenter un niveau de qualification suffisant.
J’entends souvent dire que seul 20% des personnes handicapées ont le niveau bac et plus, comme un justificatif au chômage qui les frappe 2 fois plus.
Je peux donc en déduire qu’au moins ces 20% là ont tous un travail. Je vous laisse juge.
Ne me faite pas dire pour autant que je néglige l’effort nécessaire de formation et je me réjouis au contraire qu’il soit pris en compte dans notre convention au regard notamment de l’apprentissage, je voulais juste reboucler mon propos sur ce que je vous disais initialement.
Rien ne se fera sans la volonté de faire.
Et puis j’aimerai terminer sur une illustration qui concerne les personnalités favorites des français, avec en n°1 Yanick Noah (noir), en 2 Zinedine Zidane (arabe), en 3 Gad Elmaleh (juif marocain), en 4 Dany Boon (sans commentaire ici à Lille), et enfin en 5 et 1ère femme, Mimi Mathy (handicapée).
Et vous vous dites Pays merveilleux que la France où les différences sont ainsi portées au pinacle.
Puis vous vous retournez sur la réalité quotidienne et vous vous dites cette fois que la route est encore longue.
Il reste que l’essentiel est que nous y soyons tous ici, résolument engagés.
Je suis là pour vous assurer que le FIPHFP vous apportera tout le soutien nécessaire.
Parce que c’est son rôle, parce que c’est la volonté de son comité national, parce que c’est ma volonté bien sûr et qu’ensemble nous allons effectivement en matière d’emploi des personnes handicapées devenir exemplaires.
Président du Comité National du FIPHFP
Mai 2010
Dans une société qui s’enorgueillit d’être la patrie des droits de l’homme, les personnes handicapées devraient avoir naturellement toute leur place.
Chacun sait, pour le constater tous les jours, qu’il n’en est rien.
Le législateur, les pouvoirs publics, tentent en conséquence, de manière récurrente, de pallier cette déficience sociale via de multiples lois décrets ou règlements, tous de bonne volonté, qu’il ne reste plus ensuite qu’à espérer voir mettre en œuvre.
C’est dans ce dispositif généreux que s’inscrit la loi du 11 février 2005 et le FIPHFP qu’elle instaure.
Ce Fonds, destiné à aider les fonctions publiques à atteindre le quota légal de 6% de travailleurs handicapés, est en conséquence une création récente avec les défauts mais aussi l‘optimisme qui caractérisent la jeunesse.
Aujourd’hui pleinement opérationnel, soit faut il le souligner moins de 3 ans après sa naissance, il entend en toute simplicité, atteindre les objectifs que les pouvoirs publics lui assignent répondant en cela et en premier lieu aux attentes des personnes handicapées.
Pour ce faire il faut bien sûr des moyens. Il en dispose.
Au premier rang desquels, dans un monde où règnent les technologies de la communication cet outil d’information, de sensibilisation, de relation entre les individus, de partage des expériences et des savoirs, de mise en commun des volontés et des énergies que sera à n’en pas douter le site internet mis aujourd’hui à votre disposition.
Nous faisons en sorte que son niveau d’accessibilité soit le plus élevé possible, puisqu’il est labellisé Accessiweb niveau Or, mais nous le voulons aussi convivial, vivant, régulièrement actualisé bien sûr, et au service de tous. Nous le voulons enfin parfaite illustration de la promesse de notre logo :
« Ensemble pour une fonction publique exemplaire »
Je vous invite donc à le visiter puis à l’utiliser sans modération.
Bienvenue.
Président du Comité National du FIPHFP
Février 2009





