Témoignages Personnes handicapées Olivier Barraud, Personne en situation de handicap, Ville de Poitiers (colloque FIPHFP, Poitiers, mai 2010) Je me suis pris au jeu et l’informatique a fini par me plaire. « J’ai perdu partiellement la vue à la suite d’une maladie, il y a 19 ans. La première difficulté a été d’accepter mon handicap. Je voulais continuer à travailler et j’ai suivi une formation pour apprendre le braille puis une autre en informatique. Je travaille dans un bureau avec du matériel adapté à mon handicap ; une synthèse vocale, un scanner et un agrandisseur. Je me suis pris au jeu et l’informatique a fini par me plaire si bien que je dépanne des collègues ou des amis à l’occasion. Je m’occupe aussi, depuis peu, de l'accessibilité et de la conformité des bâtiments et suis chargé d’aménager les postes pour les collègues présentant un handicap.» Anne-Sophie Cordier, Professeur d’Allemand, Lycée Chanzy, Charleville-Mézières (colloque FIPHFP, Reims, avril 2010) J’ai eu la chance d’avoir moi-même des professeurs dévoués qui se sont beaucoup investis pour mon intégration. - Est-ce qu’il vous a fallu faire preuve de beaucoup de persuasion pour prouver que vous pourriez enseigner un jour ? « Forcément, c’est une situation qui suscite des interrogations mais j’ai eu la chance d’avoir moi-même des professeurs dévoués qui se sont beaucoup investis pour mon intégration et je voulais transmettre à mon tour ce qui m’avait été donné. J’enseigne depuis 3 ans. Etant malvoyante, j’ai une assistante qui m’aide pour la correction des copies des élèves. Cela prend un plus de temps que pour un autre enseignant car mon assistante est obligée de relire, voire d’épeler ce que les élèves ont inscrits. Sa présence m’est indispensable et me rassure car j’ai parfois jusqu’à 34 élèves par classe.» Isabelle Moréno, Assistante d’éducation, Lycée Chanzy, Charleville-Mézières (colloque FIPHFP, Reims, avril 2010) Ce qui compte dans notre relation, c’est d’être sur la même longueur d’onde. « Ma tache consiste à guider Anne-Sophie dans les locaux, d’une salle à l’autre, à l’aider dans sa classe. Je m’occupe plus particulièrement de tout ce qui a trait à l’administratif, les absences, le logiciel qui nous permet de signaler ces absences. Je suis ses yeux en quelque sorte. Je suis contente d’aller travailler chaque matin. Nous avons construit une relation de proximité et c’est une condition indispensable pour que cela fonctionne. » Corinne Legros, Secrétaire, Lycée des métiers Europe de Reims (colloque FIPHFP, Reims, avril 2010) A l’époque, je n’avais pas 40 ans, j’étais effondrée. « J’étais aide laboratoire au sein de l'Éducation nationale lorsque j’ai développé une spondylarthrite ankylosante, une arthrose de la colonne vertébrale. J’ai enchainé les arrêts maladies, si bien qu’en 2000, mon médecin du travail m’a annoncé qu’il serait peut-être temps d’envisager la retraite. A l’époque, je n’avais pas 40 ans, j’étais effondrée. J’étais certes devenue inapte à mon travail d’aide laboratoire car je ne pouvais plus porter de charge, plus me baisser ou rester debout plus de 10 minutes, mais je n’étais pas pour autant inapte au travail en général. Après 3 ans, j’ai voulu reprendre mon poste et j’ai demandé un reclassement professionnel. J’effectuais des taches de saisie informatique comme l’inventaire du laboratoire. Mon chef de service qui contactait régulièrement le rectorat a eu connaissance d’un poste administratif vacant et c’est ainsi que je suis entrée au Lycée Europe. » Antoine Rivelli, Proviseur, Lycée des métiers Europe de Reims (colloque FIPHFP, Reims, avril 2010) Cette expérience a été enrichissante, je porte un regard neuf sur le handicap. « J’avais un a priori négatif à l’embauche de Corinne. J’avais connu des problèmes avec ma secrétaire précédente et on me nommait quelqu’un sans aucune compétence en la matière. Je l’ai encouragée à suivre les formations inscrites au plan de formation de l’académie, mais je ne connaissais pas son handicap. Je n’ai appris son handicap que deux ans plus tard, lorsqu’elle m’a parlé de ses difficultés, de ses absences, et de sa volonté d’avoir un équipement spécifique. C’est là que j’ai pris conscience de ce qui s’était passé et de mon attitude un peu négative en raison de mon ignorance. J’ai décidé de l’aider dans sa démarche et nous avons mis un an pour obtenir cet équipement. Depuis, la qualité de son travail s’est nettement améliorée. Elle est aussi efficace et pas plus absente qu’une autre. Cette expérience a été enrichissante pour moi sur le plan personnel. J’ai un regard tout à fait neuf pour mes personnels et mes élèves qui arrivent dans l’établissement avec un handicap. » Johnny Chevalme, Ville de Reims (colloque FIPHFP, Reims, avril 2010) Avec les enfants, j’ai un discours ouvert et transparent sur mon handicap. « Je voulais travailler dans l’horticulture, être fleuriste, mais je souffre du syndrome de Little avec des problèmes d’élocution et des difficultés pour marcher. C’est en découvrant une maison de quartier que j’ai décidé de devenir animateur. J’ai obtenu mon premier emploi en contrat de qualification. Mon employeur, à l’époque, était elle-même porteuse d’un handicap et cela a grandement facilité mon intégration. J’ai fait une partie de ma carrière d’animateur dans le privé, pour des associations, des MJC puis en 2009, j’ai eu l’opportunité d’entrer dans la fonction publique, dans un établissement scolaire. Moi qui n’aimais pas spécialement l’école, j’en tire une certaine fierté. Avec les enfants, j’ai un discours ouvert et transparent sur mon handicap et cela se passe très bien. » Romaric Chevalier, Ville de Reims (colloque FIPHFP, Reims, avril 2010) Johnny sait tenir le bon discours, il a la bonne attitude vis-à-vis de ses collègues, des parents et des enfants dont il a la charge. « Les qualités d’animateur de Johnny étaient reconnues dans le milieu de l’animation. Lorsque j’ai reçu son Curriculum Vitae, je n’ai pas hésité car il correspondait parfaitement au profil du poste. Je connaissais sa situation de handicap, mais à l’analyse des nombreux dossiers de candidatures, ce qui a retenu notre attention, c’était sa compétence dans l’animation, ses diplômes, son parcours. L’intégration de Johnny est une réussite car il sait tenir le bon discours, il a la bonne attitude vis-à-vis de ses collègues, des parents et surtout des enfants dont il a la charge. » Josiane Fontaine, Secrétaire médicale, Centre hospitalier de Macon (colloque FIPHFP, Dijon, avril 2010) J’ai toujours gardé l’espoir de retrouver une position sociale, d’être comme tout le monde, de me lever le matin pour aller travailler. « J’étais aide-soignante pendant une dizaine d’année. A la suite d’un accident du travail, survenu en manipulant un patient, j’ai dû me réorienter car je souffrais de deux hernies discales. Ma reprise a été progressive. J’ai effectué des remplacements, pendant quelques temps, sur des missions de secrétariat puisque en dehors de mon métier d’origine, la seule chose que je savais faire était de taper à la machine. Au bout d’un an, la DRH m’a proposé une formation de secrétaire médico-sociale. J’ai effectué cette formation à distance par l’intermédiaire du CNED et bénéficié d’un mi-temps afin de pouvoir organiser mes 990 heures de cours répartis sur toute l’année. Il faut du temps pour faire le deuil de son ancien emploi, mais l’acceptation m’a permis de me dépasser. Ce qui me manquait le plus au début, c’était la relation avec le patient et puis aussi la notion d’appartenance à l’équipe d’aide soignant. J’ai toujours gardé l’espoir de retrouver une position sociale, un statut, d’être comme tout le monde, de me lever le matin pour aller travailler. » Jean-Paul Tasso, Directeur adjoint, Centre hospitalier de Macon (colloque FIPHFP, Dijon, avril 2010) Il ne faut négliger ni l’appui, ni le tutorat, ni l’accompagnement individuel de la personne pour que le maintien dans l’emploi soit une réussite. « L’exemple de Josiane est une réussite de maintien dans l’emploi. Elle le doit à sa force de caractère, à sa personnalité qui lui a permis de se relever très vite de l’accident. Il faut que l’institution soit là aussi pour l’épauler. A ce titre, il ne faut négliger ni l’appui, ni le tutorat, ni l’accompagnement individuel de la personne. Au niveau de la cellule santé au travail, il faut pouvoir réunir autour de la table trois intervenants : la direction des ressources humaines, la direction des soins et la médecine du travail afin de construire une stratégie commune et partagée pour aider la personne. Au niveau du tutorat, il faut une compétence particulière et des personnes capables de trouver les solutions et matériels nécessaires pour adapter le poste de la personne. Au niveau de l’encadrement, il faut des qualités managériales pour mettre en place le plan d’accompagnement et anticiper les besoins de la personne. » Guy Perrin, CHU de Dijon (colloque FIPHFP, Dijon, avril 2010) C’était la première fois que je prenais un stagiaire souffrant d’une trisomie 21. « Lorsque j’ai été sollicité, cela ne m’a pas posé problème et j’ai tout de suite accepté. Nous avons étudié ensemble les tâches qu’il pouvait réaliser car notre principal souci était sa dextérité et sa capacité à manipuler les machines sans se blesser. C’est avec la plieuse qu’il était le plus à l’aise. Nous lui avons également confié d’autres taches comme l’emballage des imprimés par exemple. Au niveau de l’équipe, sa sympathie a vite balayé les quelques réticences et nous avons appris à travailler ensemble. » Lionel Colly, Centre de gestion de la fonction publique territoriale de Saône-et-Loire (colloque FIPHFP, Dijon, avril 2010) Mes collègues m’ont toujours considéré comme une personne sans problème de déplacements. - Lionel, vous êtes né avec une maladie génétique, l’ostéogenèse imparfaite qui est une maladie invalidante qui vous empêche de marcher. Qu’est-ce qui vous a décidé à travailler dans la fonction publique ? « Après mon BTS informatique et réseau, n’ayant pas trouvé d’emploi, j’ai entamé une 3ème année de spécialisation. C’est à ce moment là que Marc Zimmermann a contacté le lycée car il cherchait une personne pour informatiser le centre de gestion. Au début, j’ai été recruté pour faire un peu d’arriérés de classement, ce qui m’a permis dans un premier temps de connaître le centre de gestion, son fonctionnement puis ma mission a très vite débouchée sur le projet informatique en cours de réalisation. C’était mon premier emploi et j’ai été très bien accueilli par mes collègues qui m’ont toujours considéré comme une personne sans problème de déplacements. Après 12 ans passés au service informatique du centre de gestion, ma carrière évolue quelque peu et je m’oriente de plus en plus vers la commission de réforme et le service assurance des risques statutaires. » Marc Zimmermann, Directeur, Centre de gestion de la fonction publique territoriale de Saône-et-Loire (colloque FIPHFP, Dijon, avril 2010) Le recrutement de Lionel, c’est la conjonction de deux éléments favorables : la compétence et la dimension positive du recrutement. « Le recrutement de Lionel, c’est la conjonction de deux éléments favorables : la compétence et la dimension positive du recrutement. Nous avions besoin d’une compétence informatique pour mettre en place et paramétrer le réseau informatique du centre de gestion. Nous avions aussi une volonté politique de faire quelque chose pour les personnes handicapées et notre président en était convaincu. Nous n’avons pas réalisé d’aménagement particulier lors de l’embauche de Lionel, cela est venu plus tard. Mais nous l’avons toujours intégré à la réflexion avant d’entreprendre quoi que ce soit.» Didier Vernay, Médecin, CHU de Clermont-Ferrand (colloque FIPHFP, Clermont-Ferrand, mars 2010) Au début, je n’avais pas une attitude très réaliste par rapport à mon poste. « Mon accident remonte à une vingtaine d’années alors que j’étais assistant chef de clinique. C’est au début que j’ai rencontré des difficultés. Fonceur et constamment sur le front, mes collègues ont un peu gommé mes difficultés potentielles. A l’époque, je n’avais pas une attitude très réaliste par rapport à mon poste. Aujourd’hui, j’évalue mieux mes limites et je suis conscient de mes capacités. Plus nombreux dans le service, la répartition des taches en est facilitée. » Jean-Sylvain Frossard, Correspondant handicap, INRA (colloque FIPHFP, Clermont-Ferrand, mars 2010) L’aménagement de l’environnement de travail n’est pas qu’une question de géométrie. « Suite à un accident, je suis devenue tétraplégique, y compris au niveau des doigts. La principale difficulté lors du retour à l’emploi, est d’apprendre à vivre avec son handicap. Personnellement, je voulais trop en faire avec les conséquences médicales que cela suppose, et il m’a fallu plusieurs années pour l’accepter. J’ai surtout constaté une distorsion entre l’accord général sur la reprise de travail et l'environnement quotidien vide de toute aide humaine. L’aménagement de l’environnement de travail n’est pas qu’une question de géométrie. C’est cette prise de conscience qui est à l’origine de mon engagement dans le milieu associatif et de mon combat pour faire évoluer les choses et rendre plus facile les à côtés. » Marie-Aurore Pointud, Assistante recrutement, Conseil Général du Puy de Dôme (colloque FIPHFP, Clermont-Ferrand, mars 2010) Mon parcours a toujours été marqué par le handicap. « Depuis ma naissance, mon parcours de vie, que ce soit à l’école ou au lycée, a toujours été marqué par mon handicap. C’est en 2004-2005, que j’en ai pris conscience suite à la mutation de mon mari. Confrontée à la recherche d’emploi, j’ai pu constater que le handicap ne facilite pas les démarches dans ce sens.» Nadège Monchalin, Ville de Clermont-Ferrand (colloque FIPHFP, Clermont-Ferrand, mars 2010) Ce poste était pour moi une occasion formidable de travailler pour les personnes handicapées. « Ce poste, proposé par la mairie de Clermont-Ferrand, s’inscrivait dans le cadre du projet d’accessibilité des bâtiments de la ville. J’en ai été informée par l’association Handisup qui connaissait mes activités et mon intérêt pour le sujet. J’ai saisi cette opportunité car c’était pour moi une occasion formidable de travailler pour les personnes handicapées. Quand bien même je ne connais pas tous les handicaps, je suis d’autant plus sensibilisée et capable de faire passer les messages plus facilement.» Jacques Litzler, enseignant Education Nationale (colloque FIPHFP, Besançon, septembre 2009) - Jacques, vous avez enseigné les mathématiques pendant 17 ans, et puis en 2005 on vous diagnostique une maladie neurologique. Dès lors, les premières vraies difficultés apparaissent, notamment pour vous tenir debout. Quel a été le regard des élèves et des collègues au moment lorsqu’ils ont appris votre handicap ? « Je suis passé rapidement de personne valide à personne handicapée. J’ai pu acheter un fauteuil roulant grâce à l’action sociale du rectorat. Au début, ce fut plutôt intimidant car ce n’est pas chose courante de voir arriver un enseignant en fauteuil roulant à l’Education Nationale. Mais cela a été parfaitement accepté par mes élèves et par mes collègues. Cela montre aussi qu’un accident, une maladie ou la vieillesse, ça n’arrive pas qu’aux autres. Il y a eut la découverte de l’autre, du handicap. Les élèves qui ont connu de près ou de loin des accidents semblables dans leur famille sont venus vers moi et nous avons pu échangé sur autre chose que les mathématiques ou la physique. La maladie évoluant, le suivi médical est devenu assez lourd et peu compatible avec un travail à plein temps auprès d’une classe. Je me suis donc orienté vers un poste mieux adapté à mon handicap, plus proche de mes lieux de rendez-vous médicaux. Je suis maintenant documentaliste dans un lycée proche de chez moi. » Evelyne Bertin , Rectorat de Besançon (colloque FIPHFP, Besançon, septembre 2009) « Jacques a bénéficié dans son parcours d’un certain nombre de dispositifs de maintien dans l’emploi qu’offre l'Éducation Nationale, à commencer par les aides du FIPHFP, et l’affectation sur un poste adapté avec allègement d’horaire. C’est lui qui gère ses horaires, il fait le maximum quand son état de santé le lui permet, et dans les périodes difficiles, il a la possibilité de réduire sa charge hebdomadaire d’un tiers. » Véronique Bouffeteau, infirmière CH Belfort-Montbéliard (colloque FIPHFP, Besançon, septembre 2009) - Véronique, vous exercez le métier d’infirmière au Centre Hospitalier de Belfort-Montbéliard depuis 95. En 2008, vous avez été arrêtée 18 mois pour une opération. Comment s’est effectué le retour à l’emploi ? « La première semaine fut difficile car c’est là que j’ai pris conscience de mon handicap. J’ai pu réintégrer le même service mais sur un poste plus adapté à mon handicap. Les trajets en voiture étant devenus contraignants, j’ai bénéficié d’un aménagement d’horaires et ne travaille plus que 4 jours par semaine. J’arrive en soutien pour aider l’équipe d’infirmières lorsque cela est nécessaire mais je ne peut plus dispenser tous les soins en raison d’effets secondaires du à mon traitement neurologique. » Valérie Grandjean, CH Belfort-Montbéliard (colloque FIPHFP, Besançon, septembre 2009) « Nous avons fait le point avec Véronique à son retour, pour savoir quelles étaient ses difficultés par rapport à sa fiche de poste. Nous avons réfléchi ensemble pour essayer de valoriser au mieux l’aide qu’elle pouvait apporter aux infirmières sans dépasser ses possibilités. En tant que personnel soignant, on veut faire le maximum pour le patient mais Véronique s’est vite rendu compte qu’elle ne pouvait plus dispenser tous les soins comme auparavant. Nous lui avons confié de nouvelles taches comme le soutien aux familles et une présence plus importante auprès des patients. » Céline Vernier, agent du patrimoine dans un musée de la ville de Besançon (colloque FIPHFP, Besançon, septembre 2009) - Céline, vous avez eu un grave accident de la route en 94 qui vous a laissé six mois dans le coma. A la sortie de ce coma, vous avez dû tout réapprendre : apprendre à parler, apprendre à marcher. Vous allez suivre dix ans de rééducation pour y parvenir. Aujourd’hui, vous êtes agent du patrimoine dans un musée de Besançon, comment s’est passé ce retour à l’emploi ? « Après ma rééducation, j’ai été receveur au péage de Montbéliard mais les trajets en voiture étaient beaucoup trop longs et trop pénibles. J’ai envoyé ma candidature spontanée à la Mairie de Besançon. Je suis passé à plusieurs reprises pour connaître les postes disponibles. Une occasion s’est finalement présentée et j’ai intégré le musée de Besançon. » Thérèse Lemoigne, Ville de Besançon (colloque FIPHFP, Besançon, septembre 2009) « Nous recherchions un agent temporaire au départ. Nous avons retenu la candidature de Céline car elle correspondait au profil et possédait les qualités requises pour accueillir le public. Nous l’avons recrutée après avis du médecin du travail, en tant que contractuelle. Elle a été titularisée depuis et nous en sommes tous très contents. » Mme Bontems, Consultante en gestion des carrières à la DRH de la CCIP (colloque FIPHFP, Bobigny, septembre 2009) - Claudie, pouvez-vous nous parler de votre parcours? « Mon parcours est assez atypique : d’abord banquière, puis gestionnaire d’une pépinière d’entreprise, puis responsable d’un centre de formation. Le handicap, en tant que chef d’entreprise, n’étant pas évident à vivre, j’ai décidé de réintégrer le monde des salariés. Je me suis mise en veille sur le site de l’ANPE en tant que consultante formation. Mme Coco a reçu mon CV et ma lettre de motivation sur laquelle j’indiquais ma Reconnaissance en tant que travailleur handicapé. Ayant des compétences en ressources humaines, elle m’a donc proposé ce poste à la CCI. » Mme Sophie Pelle, Magasinière de bibliothèque à la Ville de Paris (colloque FIPHFP, Bobigny, septembre 2009) - En quoi consiste votre travail à la bibliothèque Fessart ? « J’accueille le public et j’anime des activités de lectures de contes et de comptines qui s’adressent tout autant aux personnes sourdes et aux entendants. J’interviens également dans des écoles de sourds pour faire découvrir aux enfants le patrimoine culturel des contes. » Claude, Standardiste à la Préfecture de Haute-Garonne (colloque FIPHFP, Toulouse, juin 2009) - Vous avez intégré la préfecture de Haute-Garonne en 88, votre handicap ayant évolué, est-ce qu’autour de vous les choses ont évoluées ? « J’ai quelques difficultés avec les fichiers des services extérieurs de la préfecture mais cela devrait se régler d’ici quelques mois. » M. Parisot, Secrétaire Général de la Préfecture du Lot (colloque FIPHFP, Toulouse, juin 2009) « Mon expérience est un peu originale étant le premier sous-préfet en fauteuil roulant. Cela nous permet de mesurer le travail accompli depuis quelques années pour intégrer les personnes handicapées au sein de la fonction publique. En général, les emplois des personnes handicapées relèvent des catégories C, B ou A, mais rarement des catégories A+…» «…. Le handicap bouscule complètement ce qui était ordonné depuis des décennies. Au niveau du protocole, par exemple, il a fallu innover. Ne pouvant pas porter de gerbe, ce sont les agents de police qui portent la gerbe et qui la dépose pour moi. L’essentiel, c’est dans la façon de travailler, pas dans les habitudes conservatrices qui nous enferment. La tradition de la paperasse aussi a changée puisque nous avons fait disparaître quasiment tout le papier en dématérialisant tous les actes de la préfecture. C’est une économie de 25 % sur les coûts de papier. » Joëlle, Conseil Général du Gers (colloque FIPHFP, Toulouse, juin 2009) - Joëlle, Vous étiez coiffeuse de formation, vous avez changé de métier car vous avez développé des allergies. Cela a été difficile pour vous ? « C’était très difficile car mon métier était une passion mais j’ai du en faire mon deuil. J’ai travaillé avec mon problème pendant plus de dix ans, mais j’ai dû m’arrêter car j’avais les mains brûlées et c'était devenu trop douloureux. Après cette période de deuil, j’ai décidée de prendre les choses en main. Je me suis renseignée sur les métiers que je pouvais exercer et j’ai entamé des démarches de recherche d’emploi dans des lycées, des collèges et des centres aérés. » Serge Canazza, Agent d’accueil à la ville de Colomiers (colloque FIPHFP, Toulouse, juin 2009) - Comment s’est passée votre intégration dans le service ? « Mon intégration professionnelle s’est très bien déroulée. Bien que je me déplace en fauteuil roulant, mon poste de travail n’a pas nécessité d'aménagement particulier. J’avais quelques appréhensions au début car je ne savais pas trop quelles taches on allait me confier et si j’allais en être à la hauteur. Mais ma hiérarchie m’a très vite rassuré. J’ai été bien épaulé par mes collègues valides qui m’ont mis en confiance sur les procédures particulières à appliquer. » Yves Schmidt, Agent au Conseil Général de Moselle (colloque FIPHFP, Metz, juin 2009) - Yves, vous êtes malentendant depuis l’âge de 2 ans et vous travaillez au sein du conseil général de la Moselle depuis 20 ans. Considérez-vous que votre handicap, a été un frein dans l'évolution de votre carrière professionnelle ? « J’ai commencé à travailler à une époque où il n’y avait pas de structure pour les personnes handicapées, notamment les sourds. Je suis resté au même niveau pendant plusieurs années. Grâce au FIPHFP, j’ai pu suivre une formation et obtenu par la suite une promotion. » Mme Xavier, Hôpital Jeanne d’Arc (colloque FIPHFP, Metz, juin 2009) - Mme Xavier, vous souffrez d’un handicap depuis l’âge de 14 ans, votre maladie est évolutive, vous avez votre bac, une maîtrise en mathématiques, un DESS en information médicale, quelle est cette volonté qui est en vous ? « C’est dans ma nature : la vie est un don, il ne faut pas la gâcher et aller au-delà du handicap. Je voulais être médecin, c’est pour cela que j’ai intégré le milieu médical grâce à mon DESS. J’ai été recrutée au CHU de Nancy en 99 pour travailler au sein de l’hôpital Jeanne d’arc afin de coder les actes chirurgicaux. » M. Caille, agent à la trésorerie de Chambéry (colloque FIPHFP, Lyon, juin 2009) - Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées à l’arrivée de Fanny, malentendante ? « Les difficultés sont celles des relations qu’elle peut avoir avec l’extérieur mais aujourd’hui, nous disposons de moyens de communication modernes. Fanny utilise plus facilement la messagerie pour communiquer , là où nous utilisons le téléphone. En interne, cela se passe très bien avec ses collègues car Fanny est très ouverte, très volontaire pour favoriser la communication entre nous. Nous apprenons à la connaître et changeons notre façon de communiquer. Désormais, nous la regardons afin qu’elle puisse lire sur les lèvres. » Fanny, agent à la trésorerie de Chambéry (colloque FIPHFP, Lyon, juin 2009) - Fanny, vous avez suivi une formation à l’école du trésor public. Quels ont été les besoins d’adaptation ? « Pour suivre les cours théoriques, l’école a mis à ma disposition le système de Viable France. C’était très important pour moi car j’ai eu une accessibilité complète et j’ai réussi grâce à cela. » Madame Pontet de l’Institut National des jeunes sourds de Chambéry (colloque FIPHFP, Lyon, juin 2009) - Vous êtes malentendante, selon vous, qu’est-ce qu’une personne handicapée peut apporter dans un service? « Le plus important, c’est la communication. Je travaille dans les services généraux et j’aide autant les personnes sourdes que les personnes entendantes. Je joue un peu un rôle de facilitatrice dans le groupe entre, les enseignants, les éducateurs et les élèves Avec les personnes sourdes, nous utilisons la langue des signes. Pour les réunions, nous faisons appel à des interprètes. » M. Lebelleguy, Conseil Général de Savoie (colloque FIPHFP, Lyon, juin 2009) - Mr Lebelleguy, vous avez connu des difficultés lors de votre reclassement, pouvez-vous nous en parler ? « Effectivement, il est important de bien définir le domaine dans lequel on envisage son reclassement. Le choix que j’avais fait au départ, était de tenter un reclassement dans le milieu qui était le mien, j’étais sur un poste technique. Ce fut une erreur car le regard des autres n’était pas le bon et je me suis rapidement retrouvé dans une situation où j’avais l’impression d’être dans un placard. » Soumia, Agent d’accueil à la bibliothèque de Grenoble (colloque FIPHFP, Lyon, juin 2009) - Soumia, on vous a affectée à un poste qui ne vous convenait pas. Pouvez-vous nous en parler ? - J’étais sur un service particulier de lecture dédié au public handicapé visuel. J’étais chargé d’accueillir le public handicapé visuel et promouvoir ce service. J’ai eu du mal à accepter cette mission car je me suis sentie enfermée dans mon handicap et je l’ai mal vécu. Ce service n’étant pas vraiment intégré dans la bibliothèque, cela a favorisé mon isolement. Pour en sortir, j’ai cherché à sensibiliser mes collègues au volet de l'accessibilité et à drainer un maximum de bibliothécaires autours de cette question afin de construire avec eux des projets. » Edith Le Nevez, service comptabilité à la ville de Rennes (colloque FIPHFP, Rennes, avril 2009) « Quand j’ai eu mon accident de travail, je m’occupais de personnes âgées à la ville de Rennes. Au départ, je ne voulais pas entendre parler de reconversion. J’ai même fait une VAE d’aide-soignante pendant mon arrêt de travail. Malgré ce diplôme, je ne pouvais pas exercer. J’ai donc entrepris une reconversion en comptabilité. Aujourd’hui, je suis en mi-temps thérapeutique avec un tuteur qui m’apprend la comptabilité. A l’issue de ce stage, j’aurai une vraie formation qui m’ouvrira de nouvelles portes. » Frédérique Bourget, animatrice à la maison de retraite Gibelaine (colloque FIPHFP, Rennes, avril 2009) - Vous étiez fleuriste par passion, malheureusement, vous avez connu des difficultés d’ordre médical qui ont rendues impossible la poursuite de ce métier. Comment s’est passée votre reconversion ? « J’avais plusieurs pistes dont l’animation et l’assistanat d’éducation dans les collèges. L’ANPE m’a proposé de faire des évaluations en milieu de travail (EMT). J’ai fait une EMT pour le métier d’animatrice dans la structure qui m’emploie aujourd’hui. Cela a été une découverte à la fois du métier mais aussi du milieu des maisons de retraite. Je voulais quelque chose qui me plaise autant que mon premier métier, et l’animation des personnes âgées est tellement enrichissant que j’ai du plaisir à venir travailler tous les jours. » M. Le Jan, Maire de Langast (colloque FIPHFP, Rennes, avril 2009) « A l’aube de mes 40 ans, j’ai eu un grave accident qui m’a contraint à me reconvertir car j’étais agriculteur. Après un bilan de compétences et une validation des acquis de l’expérience pour obtenir un Bac +2, j’ai voulu suivre une formation agricole à l’école d’ingénieurs d’Angers mais mes problèmes de santé ont resurgi. C’est finalement une autre voix qui s’est ouverte à moi grâce au réseau Ohé Prométhée. Ils m’ont proposé de suivre une formation de secrétariat de mairie au centre de gestion des Côtes-d’Armor. A l’issue de cette formation, j’ai eu une première mission temporaire pour un remplacement. Aujourd’hui en plus de mon mandat d’élu, j’assure des missions de remplacement de secrétaire de mairie. » David Gatard, Technicien à la direction des systèmes d’information du Conseil Général du Maine et Loire (colloque FIPHFP, Nantes, avril 2009) - David, racontez-nous votre parcours et votre intégration au sein du Conseil Général du Maine et Loire. J’ai évoqué mon handicap dès l’entretien. J’ai d’abord été recruté en remplacement d’un congé maternité sur un poste de formateur. Lorsque j’ai intégré mon poste définitif, nous avons étudié mes besoins avec le SIADV (service d’intervention pour déficients visuels) pour l’aménagement de mon poste. Nous avons testé différentes solutions de matériels pour les présentations. Nous avons retenu une caméra miniature avec deux écrans LCD qui me permet de faire des zooms et d’adapter ce qui se passe pendant la présentation. » Benoît Martin, Attaché Territorial communauté de commune des Deux -Sèvres et Conseiller Municipal à Cholet (colloque FIPHFP, Nantes, avril 2009) « Au sein de la ville de Cholet, la réflexion va au-delà du cadre professionnel et l’instance que nous avons mis en place, travaille globalement pour la promotion de la personne handicapée sur la ville de Cholet, Il y a une prise de conscience générale sur la nécessité de recruter des travailleurs handicapés. Sur le Choletais, nous avons beaucoup d’établissements, d’ESAT, d’entreprises adaptées. Nous avons inscrit une clause avec une obligation de travailler avec ces entreprises. » Xavier Morel, Service Comptabilité du Conseil Général de Loire-Atlantique (colloque FIPHFP, Nantes, avril 2009) - Xavier, pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ? - Suite à un accident du travail, j’ai dû reconsidérer ma carrière car la station debout m’était devenue pénible. Après un 1er bilan de compétence et des tests psychologiques, j’ai été orienté vers le centre de rééducation fonctionnelle et de réadaption professionnelle de la Tourmaline qui propose des formations diplômantes aux personnes handicapées. J’ai choisi le domaine de la comptabilité et j’ai suivi une formation d’assistant comptabilité gestion. Le partenariat entre la Tourmaline et le Conseil Général, m’a permis d’effectuer mon stage au sein du Conseil Général. A l’issue du stage, j’ai eu une proposition d’emploi. J’ai apprécié la réactivité de celui-ci notamment en ce qui concernait l’aménagement de mon poste. Quand j’ai intégré mon poste, tout était là : un clavier avec un repose poignet et un fauteuil adéquat. » M. Pecqueur, Pôle emploi (colloque FIPHFP, Nantes, avril 2009) - Vous aviez imaginé vos besoins pour adapter votre poste de travail? « Le premier obstacle, c’était l'accessibilité aux bâtiments. Mon embauche a été un peu retardée pour réaliser les travaux nécessaires. Ensuite, nous avons étudié les besoins d’aménagement de mon poste de travail. Ce fut l’achat d’un fauteuil de bureau électrifié, plus confortable. Le coût a été pris en charge par Pôle Emploi. » Marie-Laure Gerbaud, Maison des examens d’Arcueil, Education Nationale (colloque FIPHFP, Bercy, avril 2009) « Lorsque j’ai été recrutée, j’avais un DEA mais compte tenu de mon handicap, 90 % de perte auditive, on m’a mise sur un poste de secrétaire catégorie B. J’ai du relever de nombreux défis et cela n’a pas toujours été facile. La plupart des gens pense qu’une personne handicapée n’a pas toutes ses facultés intellectuelles, qu’elle risque d’être malade plus souvent, d’avoir besoin du médecin ou de l’assistante sociale. Petit à petit, j’ai passé les concours et je suis en catégorie A, aujourd’hui. » Halima Morin, INRA (colloque FIPHFP, Bercy, avril 2009) - Avez-vous le sentiment d’avoir fait plus que les valides pour prouver que vous étiez irréprochables ? « Le fait de rentrer sur un poste réservé est parfois mal perçu par vos collègues. C’est vrai qu’on travaille donc deux fois plus les premières années afin de faire nos preuves. » Faousi Akhiri, Inspecteur des impôts à Metz (colloque FIPHFP, Bercy, avril 2009) - Faoussi, Pouvez-vous nous parler de votre parcours ? « J’ai été recruté en 1998, en tant que contrôleur des impôts. A l’époque, la procédure contractuelle n’existait pas et l’examen régional était le même pour tous. Il fallait être au moins titulaire du baccalauréat, ce que j’avais, comme tous les autres contrôleurs. J’ai passé ensuite le concours interne pour rejoindre le corps des inspecteurs. … La banalisation du handicap passe par deux choses : l'aménagement des locaux, d’une part, pour faciliter la circulation des personnes handicapées. Lorsqu’on facilite la circulation des personnes handicapées, on la facilite pour tous. D’autre part, l'évolution des mentalités, en donnant plus à ceux qui en ont le moins. De cette façon, on crée un cercle vertueux qui s’autoalimentera tout seul. » Jérôme Candusso, Professeur de musique au sein de l’Education Nationale (colloque FIPHFP, Strasbourg, avril 2009) - Vous êtes professeur de musique dans l’éducation nationale et aveugle complet de naissance. Cela a-til été compliqué de vous faire une place dans cette institution ? « Le premier principal de collège avait très peur pour moi car je devais monter quatre étages pour rejoindre ma salle de cours. Au début de ma carrière, j’étais accompagné par un autre enseignant pour dispenser mes cours. Cette collaboration s’avérait parfois difficile car nous pouvions avoir des approches pédagogiques totalement différentes et devions partager l’autorité. Aujourd’hui, les enseignants non-voyant sont accompagnés par des assistants d’éducation, ce sont pour la plupart des étudiants en fin de cycle. Ces étudiants sont en quelque sorte mes yeux dans la classe. » Michel Kiffel, Conseil Général du Bas Rhin (colloque FIPHFP, Strasbourg, avril 2009) - Michel, vous avez eu une expérience professionnelle assez surprenante pour une exposition organisée par le Vaisseau à Strasbourg, pouvez- vous nous en parler ? « Le concept est simple : l’idée était de faire déambuler les visiteurs dans le noir total et ils étaient guidés par un aveugle comme moi. L’inversion des rôles est assez intéressante, le voyant devient nonvoyant. Il a besoin de se faire guider et doit donc faire confiance à la personne handicapée. Le parcours se terminait au coin d’un bar pour un échange, d’où le concept de « dialogue dans le noir ». Souvent, le malaise vient de l’ignorance. La plupart des personnes ayant vécues cette expérience de « non-voyant » ressortent avec quelque chose de changé. André Havard, Adjoint au Chef de Service à la Communauté Urbaine de Strasbourg (colloque FIPHFP, Strasbourg, avril 2009) - André, vous êtes infirme moteur cérébral, vous avez été champion olympique handisport du 100 mètres en 1980. C’est votre handicap qui vous pousse à vous surpasser ? « Si vous ne voulez pas rester sur le bas côté de la route, il faut avancer obligatoirement et parfois même courir car si les autres avancent il faut les dépasser. Ma chance a été de pouvoir entrer dans la fonction publique. Nous avons un statut où tout le monde est égal face aux concours. Je n’avais pas un très bon niveau scolaire, j’ai remis le nez dans les livres et j’ai passé les concours d’adjoint administratif, de rédacteur puis d’attaché principal. J’ai évolué grâce aux concours, non à la promotion. Il faut une certaine volonté pour construire sa carrière. Il faut aussi rencontrer des gens qui vous donnent la possibilité de mettre en application ce que vous savez faire et c’est ce qui m’est arrivé avec mon chef de service.» Catherine Sire, Hôpital de Carcassonne (colloque FIPHFP, Montpellier, mars 2009) - Comment avez-vous vécu ces changements dans votre carrière, avez-vous été accompagnée? « J’ai bénéficié d’une formation informatique et d’un encadrement au niveau du secrétariat médicale. L’aménagement de mon poste a été fait en collaboration avec un SAMETH, le médecin du travail et un ergothérapeute. J’ai bénéficié du soutien de l’assistante sociale pour renouveler mon dossier et de l’accord de l’administration pour effectuer mes heures de kiné sur mon temps de travail. Et puis surtout, j’ai des collègues qui venaient me chercher à tour de rôle à la maison pour que je puisse venir travailler. » Annie Rousseau, la Poste (colloque FIPHFP, Montpellier, mars 2009) - Annie, parlez-nous de votre parcours à la Poste ? « J’ai été recrutée en 1996 suite à une offre spontanée de candidature. J’ai travaillé pendant 3 ans au sein du service commercial où tout se passait très bien. Il y a eu ensuite une réorganisation du service et tout devenu très compliqué. J’ai occupé plusieurs postes, tous inadaptés à mon handicap, avec des managers pas toujours sensibilisés. Il m’a fallu prendre du recul, réfléchir à mon projet. J’ai fait appel à l’équipe pluri disciplinaire afin que l’on trouve ensemble une solution. » Nicolas Ruth, Salarié au Conseil Général de Lozère (colloque FIPHFP, Montpellier, mars 2009) « Suite à un accident du travail, j’ai dû suivre une reconversion professionnelle. J’ai effectué un premier stage au service informatique du Conseil Général pendant un mois qui m’a permis de valider ma capacité à travailler dans ce domaine. Après une formation de 2 ans de technicien supérieur de gestionnaires des ressources informatiques à l’AFPA, j’ai été recruté par le Conseil Général. » Jean-Paul Lafaille, Ville de Nice (colloque FIPHFP, Marseille, mars 2009) - Monsieur Lafaille, comment compense-t-on le handicap visuel ? « Comme pour tout handicap sensoriel, la compensation réside essentiellement dans les moyens de communication mis à disposition de la personne handicapée. Il s’agit de faciliter l’accès à l’information sur l’ordinateur, d’une part, grâce à des systèmes comme la synthèse vocale et la plage tactile braille. D’autre part, sur les documents papier avec des scanners ou un logiciel de reconnaissance de caractères. Personnellement, j’ai pu bénéficié de ce matériel par l’intermédiaire d’une association niçoise, ORUS, ce qui a facilité mon intégration. » M. Bernardon, facteur rouleur à la Poste (colloque FIPHFP, Marseille, mars 2009) « A la poste, nous avons un accord national avec les partenaires sociaux, reconduit tous les trois ans et qui prévoit des objectifs chiffrés d’emploi de personnes handicapées. Pour le recrutement, nous utilisons la méthode des habiletés. Les candidats sont mis dans des situations pratiques, ils passent des exercices et nous les évaluons. Ceux qui réussissent sont ensuite reçus en entretien. Nous sommes bien dans l’esprit de la charte de la diversité : nous ne tenons pas compte du CV ou des diplômes. » M. Malige, la Poste - C’est ainsi que s’est passé votre recrutement Mr Bernardon ? « Nous avons d’abord eu une présentation du métier et du groupe. Le lendemain, nous étions convoqués pour passer des tests. Dix jours après, j’ai eu un entretien avec trois personnes. » M. Lahore, chargé d’accueil téléphonique au centre d’appel à la Direction des retraites (colloque FIPHFP, Bordeaux, février 2009) - M. Lahore, pouvez-vous nous décrire votre travail ? « Je travaille dans le centre d’appels de Bordeaux à la Direction des Retraites de la Caisse des Dépôts. Je réponds aux questions des retraités. Je ne connaissais pas ce métier, auparavant j’étais chauffeur mécanicien dans le secteur privé. Pour moi, ce fut une reconversion totale mais j’ai su démontrer ma motivation et ma volonté d’apprendre. » Mme Evelyne Benoit, CHU de Blaye (colloque FIPHFP, Bordeaux, février 2009) « Aide -soignante en fin de carrière, j’ai été en arrêt maladie suite à des problèmes de santé. Si j’avais écouté les organismes, je ne travaillerais plus actuellement. J’ai insisté auprès de mon administration et des médecins qui me suivaient pour retrouver un poste. On m’a proposé un poste dans un service administratif. Il est sédentaire, je fais des électrocardiogrammes pour les consultations d’anesthésie et participe à la gestion de tous les dossiers médicaux. » Martine Bourgeade, Directeur de soins, l’établissement de Blaye (colloque FIPHFP, Bordeaux, février 2009) « Depuis six ans, nous sommes confrontés à la problématique de réinsertion des personnes ayant développé une maladie invalidante sans retour possible sur leur poste. Dans un petit établissement comme le nôtre, cela représente 10 postes. Lorsque la maladie apparait, nous cherchons des solutions au cas par cas. Nous sommes encore trop dans la réaction pas suffisamment dans la prévention Les témoignages et les expériences apportés dans ce colloque, nous permettent de nous sentir moins isolés et nous inciterons probablement à formaliser une démarche dans ce sens ». Patrick Aichouba, Responsable d’une antenne d’insertion au Conseil Général de la Gironde (colloque FIPHFP, Bordeaux, février 2009) « Ma première mission au Conseil Général de la Gironde consistait à accompagner les communes dans leur projet d’aménagement de bourg. Ma mobilité réduite n’a pas été un frein pour ce poste même s’il nécessitait de nombreux déplacements dans les communes. Je risquais pourtant d’être confronté à l’inaccessibilité de certaines mairies mais finalement, se retrouver face à une personne en fauteuil roulant, cela permet parfois une prise de conscience de la part des élus.» - Patrick quel regard portez vous sur votre parcours? « A chaque fois, j’ai un peu provoqué la chance, j’ai eu aussi en face de moi des personnes réceptives à la question. La politique de recrutement de personnes handicapées passe aussi par une sensibilisation des chefs de service à la thématique du handicap : c’est sur le regard, la préparation de l’environnement que l’on doit encore progresser.» Bruno, masseur kinésithérapeute au CHU de Limoges et malvoyant (colloque FIPHFP, Limoges, février 2009) « J’ai effectué mes stages CHU de Limoges, ce qui m’a permis à la fin de mon cursus d’avoir le pied à l’étrier et de saisir les opportunités d’emploi dans l’établissement. J’avais eu la possibilité d’avoir une formation en locomotion afin de m’aider à me repérer dans l’espace. Connaissant les lieux, j’étais déjà autonome ce qui a facilité mon intégration. » - Quel est le regard de vos patients vis-à-vis de votre handicap ? « Je n’en fait pas état tout de suite. Je me présente en donnant mon nom, ma fonction puis je commence le bilan dès la première séance pour envisager les difficultés, les capacités et fixer mes objectifs. Bien sûr, si la personne le demande, je lui explique mon handicap. Tout se fait au toucher, le mien est un peu surdéveloppé. C’est un travail manuel, l’approche de la personne se fait en proximité. Lorsqu’on est porteur d’un handicap, on doit toujours montrer une capacité, un état d’esprit et une compétence constante car on est plus regardé, observé que les autres.» Maria Breffy, Chargée d’accueil au Conseil Régional de Limousin (colloque FIPHFP, Limoges, février 2009) - Maria, vous êtes Chargée d’accueil et malvoyante, y a t il eu des aménagements particuliers de votre poste ? « Je dispose d’un système visiobraille, c’est un appareil pour recevoir les appels qui allie une adaptation tactile, le braille. Mon ordinateur est également équipé d’une synthèse vocale afin de suivre oralement ce qui se passe visuellement. Je peux surfer sur Internet, faire des courriers, répondre aux mails en toute autonomie. J’assure un service équivalent à celui d’une personne valide. » Bruno, Conseiller financier à la Poste (colloque FIPHFP, Amiens, décembre 2008) - Bruno, vous êtes malvoyant et conseiller financier. Comment s’est passé votre recrutement ? « La Poste m’a fait confiance, j’ai été recruté sur mes compétences professionnelles avant tout. Etant moi même handicapé suite à un accident, il est plus facile pour moi de sensibiliser les personnes aux risques du quotidien et de les conseiller sur des produits d’assurance. Mon handicap devient un atout dans mon travail » Emmanuelle Gousset, contrôleuse du travail, DDTEFP du Calvados (colloque FIPHFP, Caen, novembre 2008) « Pour une personne malvoyante, l’adaptation à l’environnement est plus difficile qu’au poste en luimême. Des aménagements de l’espace sont nécessaires mais aussi une information préalable de vos futurs collaborateurs et du public avec lequel vous êtes en relation. » Je suis au service des renseignements droit du travail en relation avec le public. Pour l’instant, je traite uniquement les demandes téléphoniques. Je m’occuperai de l’accueil physique également lorsque les aménagements seront terminés. J’accède à l’information principalement via Internet grâce à un ordinateur doté d’un mini écran braille et d’une synthèse vocale. Pour ce qui est du droit du travail, c’est facile. Mme Cornillet, Contrôleuse du travail à la DDTEFP du Calvados (colloque FIPHFP, Caen, novembre 2008) - Madame Cornillet, comment ça fonctionne dans un service quand une personne est différente ? « Chacun doit revoir sa façon de communiquer. On a attendu qu’Emmanuelle (malvoyante) se cogne dans les panneaux pour faire quelque chose. » « On a accueilli Emmanuelle Gousset en mars sans information préalable. On s’est posé beaucoup de questions : Comment dire bonjour, Comment l’accueillir dans le service, Je lui donne la main, le bras ? C’est cela, c’est la vie de tous les jours. Aujourd’hui, je découvre qu’il y a des fonds et des moyens à mettre en place. On a découvert Emmanuelle comme ça. On l’a pris par la main et on s’est dit : on va y arriver, cela va bien se passer. » Florence Guerre, infirmière, CHU Rouen (colloque FIPHFP, Rouen, novembre 2008) « Je travaillais en chirurgie digestive quand je suis tombée malade. Après une longue période d’arrêt et plusieurs entretiens avec l’assistante sociale et le médecin du travail, j’ai retrouvé un emploi d’infirmière au CHU de Rouen. ». «J’ai été très bien accueillie à mon arrivée dans le service du CHU de Rouen, les soucis sont venus un peu après. Etant une personne plutôt joyeuse, mes collègues oubliaient que j’étais malade et pourtant, je passais par des moments difficiles. En évitant d’aborder le sujet, nous sommes arrivés à un stade d’incompréhension. C’est en parlant avec l’encadrement, avec les médecins que nous avons pu surmonter les difficultés. » « Trois mois après mon arrivée, un ergonome a été embauché afin d’étudier mon poste de travail. J’ai pu avoir ainsi un fauteuil, une pince pour ramasser les objets par terre, des plans de travail à hauteur ainsi que des aménagements d’horaires. » Christine, employée au foyer de vie de Saint-Venant (colloque FIPHFP, Lille, novembre 2008) - Selon vous, il est plus difficile de travailler avec un handicap que l’on cache ou avec un handicap révélé aux yeux de tous ? - Avec un handicap que l‘on cache car il vous oblige constamment à faire attention, à ruser pour ne pas montrer vos difficultés. Je l’ai caché ainsi pendant un an malgré des douleurs persistantes. J’ai du me rendre à l’évidence et j’en ai parlé avec l’infirmière. J’ai changé de service et c’est plus facile pour moi aujourd’hui. »