Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique 13e semaine pour l’emploi des personnes handicapées 16-20 novembre Des employeurs publics plus accessibles www.fiphfp.fr Emploi des personnes en situation de handicap et Fonction publique, le point de vue des acteurs...* Personnes handicapées Des lois et des droits Lorsque j’ai commencé à travailler, il n’y avait pas de structure pour les personnes handicapées. Ma surdité m’a donc bloqué au même niveau pendant de nombreuses années. Mais grâce aux lois sur le travail des personnes handicapées, j’ai pu suivre une formation et par la suite obtenir une promotion. Yves Schmidt, Conseil général de Moselle Faire carrière malgré tout Bien que recrutée avec un DEA, j’ai été positionnée à un poste de secrétaire de catégorie B en raison mon handicap. Néanmoins, à force de travail et me battant contre les idées reçues sur les personnes handicapées, j’ai pu réussir les concours et passer en catégorie A, le niveau le plus élevé de la Fonction publique. Marie-Laure Gerbaud, maison des examens, Arcueil, Education Nationale Rester et s’adapter Aide-soignante en fin de carrière, j’ai été en arrêt maladie suite à des problèmes de santé. Je ne travaillerais plus actuellement si j’avais écouté les organismes spécialisés. Toutefois, mon insistance auprès de mon administration m’a permis de retrouver un poste sédentaire où je fais des électrocardiogrammes et participe à la gestion des dossiers médicaux. Evelyne Benoit, CHU de Blaye Un reclassement efficace Suite à un accident du travail, la station debout m’est devenue pénible et j’ai du reconsidérer ma carrière. Orienté vers le centre de rééducation fonctionnelle et de réadaptation professionnelle de la Tourmaline, j’y ai suivi une formation diplômante en comptabilité. Le Conseil Général, partenaire de la Tourmaline, m’a ensuite proposé un stage en son sein, qui s’est suivi d’une proposition d’emploi. J’ai particulièrement apprécié la réactivité de mon employeur à ma situation. Il avait tout prévu pour mon arrivée, notamment avec l’installation d’un poste de travail adapté à mon handicap. Xavier Morel, Conseil Général de Loire-Atlantique * Ces propos ont été recueillis au fil des colloques régionaux du FIPHFP en 2008 et 2009, et librement mis en forme pour le présent dossier. Une affaire de volonté Chauffeur mécanicien dans le secteur privé, j’ai du me reconvertir complètement à la suite d’un accident grave. Je travaille maintenant dans le centre d’appel de la Direction des retraites de la Caisse des Dépôts où je réponds aux questions des retraités. Ce changement total a été possible grâce à ma motivation et à ma volonté d’apprendre. Philippe Lahore, Direction des Retraites, Caisse des Dépôts Faire ses preuves Rentrer sur un poste réservé peut être mal perçu par vos collègues. Devant faire nos preuves, notre motivation s’en trouve renforcée et notre travail gagne ainsi en efficacité. Halima Morin, INRA S’ouvrir Quand on cache le handicap, on ruse constamment pour ne pas montrer ses difficultés. Malgré des douleurs persistantes, je l’ai masqué autant que possible avant de devoir en parler avec l’infirmière qui m’a orienté vers un service plus adapté. Christine Copin, foyer de vie de Saint-Venant Sensibiliser Bien que mon premier poste au sein du conseil général de la Gironde nécessitait de nombreux déplacements dans les communes, ma mobilité réduite n’a pas été un frein. En effet, se retrouver face à une personne en fauteuil roulant a parfois permis une prise de conscience de la part des élus, qui ont été réceptifs à la situation. La sensibilisation des chefs de service à la thématique du handicap favorise le recrutement grâce à un changement de regard. Il faut aussi préparer l’environnement là où il y a encore des progrès à faire. Patrick Aichouba, conseil général de la Gironde Préparer l’entourage C’est l’adaptation à l’environnement qui est le plus difficile pour une personne malvoyante. Si des aménagements de l’espace sont nécessaires, une information préalable des collaborateurs et du public avec lequel on est en relation s’impose également. Emmanuelle Gousset, Direction départementale du travail et de l’emploi du Calvados On a tous à y gagner Banaliser le handicap nécessite deux choses : aménager les locaux pour faciliter la circulation des personnes handicapées et faire évoluer les mentalités, en donnant plus à ceux qui ont le moins. C’est une logique gagnant-gagnant, créant un cercle vertueux qui s’autoalimente. Faousi Akhiri, inspecteur des impôts, Metz Des challengers Lorsqu’on est porteur d’un handicap, on doit toujours montrer une capacité, un état d’esprit et une compétence constante car on est plus observé que les autres. Bruno Rouillon, CHU de Limoges Employeurs Fonction publique d’Etat L’Etat se doit d’être exemplaire A la préfecture de l’Hérault, nous sommes à 7,74% d’emplois de personnes handicapées, c’est le minimum puisque nous nous devons de montrer l’exemple. Claude Baland, Préfet de région Languedoc-Roussillon Le stage comme voie de recrutement Pour nous aider dans nos difficultés à trouver des travailleurs handicapés répondant à nos attentes, nous faisons appel à des stagiaires issus d’un centre de réadaptation professionnelle d’Evry, qui les accueille et les forme durant deux ans. Un poste leur est ensuite proposé à l’issue du stage si la personne nous convient. Patrick Laufs, INRA Compenser par la technique Nous avons récemment aménagé un poste pour un enseignant déficient visuel. Il bénéficie d’une aide humaine, une personne l’assiste pour la dispense des cours et pour les corrections. Il bénéficie également d’une aide technique et matérielle avec un ordinateur doté d’une synthèse vocale et d’une plage braille. Cette aide technique lui permet d’être autonome en classe, mais aussi chez lui grâce à un accès Internet pour la préparation de ses cours. Jacqueline Bauguil, Correspondante handicap, rectorat de Toulouse Des besoins spécifiques Pour intégrer un mal-voyant dans mon équipe, j’ai fait appel à l’aide du FIPHFP qui nous a soutenu pour les besoins en équipements. Avec l’expérience, nous avons appris qu’une gestion spécifique des conflits s’impose avec les travailleurs handicapés, car si ce sont des personnes comme les autres, ce sont aussi des personnes handicapées qui ont des besoins spécifiques. Brigitte GIOVANNETTI, Direction régionale des affaires sanitaires et sociales (DRASS), région Centre Fonction publique territoriale Des villes à la pointe Un élu volontaire Notre politique volontariste dans ce domaine porte ses fruits puisque nous avons actuellement 7.74% de personnes handicapées dans nos effectifs. Grâce à un maire très engagé sur le sujet, nous avons mis en place tous les dispositifs existants en terme de contrats aidés et, créé une plateforme de gestion des ressources humaines pour aider la reconversion et la réadaptation des personnes devenues inaptes au travail ou ayant des soucis de santé. Simone Aubert, adjointe au maire, Ville de Nancy Passer à l’action avec le FIPHFP A Colomiers, 1 000 agents sont employés, dont 6% de personnes handicapées, grâce à la signature d’une charte pour leur emploi. Notre convention avec le FIPHFP signée en 2008 nous permet de passer du stade de spectateur à celui d’acteur engagé de la politique vers les personnes handicapées et un réel travail de fond s’est engagé pour dresser un état des lieux, favoriser le maintien dans l’emploi et améliorer le recrutement. Jean-Luc Petit-Roux, Ville de Colomiers 9% Le seuil des 6% est largement dépassé, avec 300 agents identifiés personnes handicapées, nous sommes plus près de 8 ou 9%. Bernadette Abiven, Ville de Brest L’imagination dans le bon sens A Angers, face à la question du maintien dans l’emploi, nous avons détectés trois difficultés majeures : repérer les postes compatibles avec le handicap, vaincre les préjugés et les réticences en interne et guider l’agent dans son nouveau poste. Sur ce point, nous avons mis en place le Système d’Adaptation Spécifique, le SAS, qui permet, après un bilan personnalisé, d’accompagner la personne concernée vers un nouveau projet professionnel durant six mois à un an. Marie-Claude Lamour, Ville d’Angers Les compétences avant tout A la mairie de Villeneuve d’Ascq, nous sommes 6.58% grâce à une réelle volonté politique depuis près de 20 ans. Si les compétences sont particulièrement mises en avant lors de l’embauche, les postes sont ensuite adaptés pour que les personnes handicapées soient complètement intégrées. Mais cela n’est possible que grâce à une véritable culture du bien vivre ensemble. Maryvonne Girard, première adjointe au maire de Villeneuve-d’Ascq Fonction publique territoriale Un sujet majeur : la formation Préparer l’avenir Si la communauté urbaine de Strasbourg emploie 6.2% de travailleurs handicapés, 70% d’entre eux ont aujourd’hui plus de 40 ans. Nous travaillons donc à mettre en place une nouvelle politique d’embauche et de formation vers les personnes handicapées pour conserver ce taux et dans la mesure du possible l’augmenter. Michel Koebel, communauté urbaine de Strasbourg Le soutien des tuteurs La ville de Rennes ayant une longue tradition d’accueil des personnes handicapées, la convention avec le FIPHFP a été l’occasion de formaliser nos actions. La priorité est donnée au maintien dans l’emploi mais la formation est indispensable pour accueillir des personnes en reconversion. Un système de tutorat a donc été mis en place, avec des personnes formées à cet accompagnement, qui perçoivent un complément de rémunération pour l’investissement supplémentaire que représente cet engagement. Samuel Dubois, Ville de Rennes Anticiper et former La démographie va ouvrir de nombreux emplois dans l’avenir, notamment dans les collectivités locales. Nous nous efforçons d’anticiper la gestion des ressources humaines en soulevant la question de la formation des personnes handicapées. Jean-Paul Boré, vice-président, Conseil régional de Languedoc-Roussillon Fonction publique hospitalière Prévenir et réagir Nous avons un excellent exemple d’action réussie avec le recrutement d’une vingtaine de masseurs kinésithérapeutes mal voyants.65% de nos effectifs étant du personnel soignant, notre problématique est plutôt celle du maintien dans l’emploi. Nous avons donc mis en place dans chaque établissement des commissions de veille médico-sociale composées de médecins, de DRH et d’assistantes sociales afin de détecter le plus tôt possible les situations de personnes avec des problèmes d’aptitude au poste. Sophie Granger, Hospices civils de Lyon Faire connaître sa situation Quelles sont les conséquences à ne pas dire le handicap ? C’est se mettre soi-même en difficulté vis-àvis de ses collègues. Se déclarer ou, en tout cas se faire connaître, présente un double avantage : pour l’employeur, il peut mettre en place des actions correctrices ; et pour la personne elle-même car elle est reconnue avec ses problèmes ou sa problématique. Hervé Léon, CHU de Limoges Prendre les devants Depuis 6 ans, nous sommes confrontés à la problématique de réinsertion des personnes ayant développé une maladie invalidante.10 postes sont concernés. A l’apparition de la maladie, nous cherchons des solutions au cas par cas a posteriori, mais nous ne sommes pas encore assez dans la prévention. Martine Bourgeade, CHU de Blaye Accompagner dans le deuil des anciennes fonctions Nous avons créé un groupe au sein de notre établissement permettant de prendre en charge toutes les personnes qui, suite à une maladie ou un accident de la vie, sont confrontés à une inaptitude à certaines fonctions. J’insiste sur l’accompagnement lors de la reconversion, qui impose le deuil des anciennes fonctions. Mounir El Harradi, CHU de Nancy